Réforme des baux commerciaux : mensualisation, garanties plafonnées, indexation, le point complet
La loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique transforme en profondeur le statut des baux commerciaux. Depuis le 28 mai 2026, le preneur peut exiger de régler son loyer mensuellement, le dépôt de garantie est plafonné à un trimestre de loyer, et de nouvelles règles encadrent l’indexation ainsi que la clause résolutoire. Voici ce qui change concrètement, et depuis quand.
Qu’est-ce que la loi n° 2026-403 et depuis quand s’applique-t-elle aux baux commerciaux ?
Promulguée le 26 mai 2026, la loi de simplification de la vie économique modifie plusieurs articles du Code de commerce régissant les baux commerciaux, avec une entrée en vigueur échelonnée entre le 28 mai et le 27 août 2026. Elle touche les locaux destinés au commerce de détail ou de gros et aux prestations de services commerciales ou artisanales ; les locaux à usage exclusif de bureaux ou d’entrepôt restent hors de son champ sur certains points. Pour un commerçant ou un artisan locataire, l’enjeu est double : connaître ses nouveaux droits, et vérifier que son bail en cours reste conforme.
Mensualisation du loyer : le locataire peut-il désormais payer chaque mois ?
Oui : l’article L. 145-32-1 du Code de commerce permet désormais au preneur d’exiger un paiement mensuel du loyer, même si le bail prévoit un règlement trimestriel d’avance. Cette faculté s’applique aux baux en cours depuis le 28 mai 2026, à condition que le locataire ne soit pas redevable d’arriérés non contestés. Le changement prend effet à compter de l’échéance de paiement suivante, sans qu’il soit nécessaire d’attendre un renouvellement ou un avenant.
Dépôt de garantie et garanties locatives : quel est le nouveau plafond ?
L’article L. 145-40 du Code de commerce plafonne désormais l’ensemble des garanties locatives, dépôt de garantie, cautionnement ou garantie à première demande, à un trimestre de loyer. Ce plafond s’applique aux baux conclus ou renouvelés après le 26 mai 2026. Un bailleur qui réclamait jusqu’ici deux ou trois trimestres de dépôt devra revoir ses conditions pour tout nouveau bail ou renouvellement.
Restitution et mutation : qui doit rembourser le dépôt de garantie si le local change de propriétaire ?
Le bailleur dispose désormais de trois mois après la remise des clés pour restituer le dépôt de garantie, et de six mois pour donner mainlevée des autres garanties. En cas de vente ou de mutation du local, c’est le nouveau propriétaire qui reprend l’obligation de restitution envers le locataire ; ce régime s’applique aux mutations intervenues à partir du 27 août 2026. Pour un commerçant, cela signifie qu’un changement de bailleur en cours de bail ne le prive d’aucun droit sur son dépôt de garantie.
Clause tunnel d’indexation : peut-on désormais plafonner la hausse et la baisse du loyer ?
L’article L. 145-38-1 du Code de commerce autorise les clauses dites « tunnel », qui limitent la variation annuelle de l’indexation du loyer dans les mêmes proportions à la hausse et à la baisse. Une clause qui plafonnerait la hausse à 3 % sans limiter symétriquement la baisse ne serait pas valable : la loi exige cette symétrie, par dérogation au principe posé par l’article L. 112-1 du Code monétaire et financier. Pour les bailleurs comme pour les preneurs, c’est l’occasion de revoir les clauses d’indexation existantes.
La clause résolutoire devient-elle plus difficile à faire jouer pour le bailleur ?
Oui, en cas d’impayé de loyer : l’article L. 145-41 du Code de commerce impose désormais au locataire qui demande la suspension des effets de la clause résolutoire de prouver sa capacité financière à régler sa dette, et de reprendre le paiement intégral du loyer courant avant la première audience. Cette exigence renforcée ne vaut que pour le non-paiement de loyer ; elle ne s’applique pas aux autres manquements au bail. Elle concerne les demandes de suspension introduites après le 26 mai 2026.
Ce qui change, en un coup d’œil
| Mesure | Article du Code de commerce | Entrée en vigueur |
| Mensualisation du loyer | L. 145-32-1 | 28 mai 2026, baux en cours inclus |
| Plafonnement des garanties à un trimestre | L. 145-40 | Baux conclus/renouvelés après le 26 mai 2026 |
| Restitution sous 3 à 6 mois, transfert au nouveau bailleur | L. 145-40 | Mutations à partir du 27 août 2026 |
| Clause tunnel d’indexation symétrique | L. 145-38-1 | Baux commerciaux, dès promulgation |
| Durcissement de la clause résolutoire (impayés) | L. 145-41, al. 3 et 4 | Demandes introduites après le 26 mai 2026 |
En résumé
Cette réforme rééquilibre plusieurs points du bail commercial en faveur du locataire, mensualisation, garanties plafonnées, délais de restitution encadrés, tout en resserrant les conditions dans lesquelles un locataire en impayé peut suspendre une clause résolutoire. Chaque bail en cours ou à renouveler mérite une relecture à la lumière de ces nouvelles règles.
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Le cabinet de Maître Nicolas Lemoine accompagne commerçants, artisans et bailleurs de Marseille, Toulon, Aubagne, Martigues et Cabriès dans la mise en conformité de leurs baux commerciaux. Contactez le cabinet pour faire vérifier votre bail à la lumière de la loi n° 2026-403.
FAQ extractible
Depuis quand la loi n° 2026-403 s’applique-t-elle aux baux commerciaux ? Depuis le 28 mai 2026 pour la mensualisation du loyer, avec des dates échelonnées jusqu’au 27 août 2026 pour les règles de mutation des garanties.
Un locataire peut-il imposer un paiement mensuel même si son bail prévoit un loyer trimestriel ? Oui, depuis le 28 mai 2026, à condition de ne pas avoir d’arriérés de loyer non contestés.
Quel est le nouveau plafond du dépôt de garantie pour un bail commercial ? Un trimestre de loyer, pour les baux conclus ou renouvelés après le 26 mai 2026.
Qu’est-ce qu’une clause tunnel d’indexation ? Une clause qui plafonne la variation annuelle de l’indexation du loyer dans les mêmes proportions à la hausse et à la baisse.
La clause résolutoire est-elle plus difficile à suspendre pour un locataire en impayé ? Oui : il doit désormais prouver sa capacité financière et reprendre le paiement intégral du loyer courant avant la première audience.
Bloc auteur : Maître Nicolas Lemoine, avocat en droit des affaires, prêté serment au barreau de Marseille en 2015, accompagne dirigeants et entrepreneurs sur les baux commerciaux et les litiges entre associés à Marseille et dans sa région.



